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Cistercienne XIIIème

 
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ysobel
Archiduc de la Rhétorique Forumesque


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MessagePosté le: Jeu 16 Oct 2008, 12:16    : Cistercienne XIIIème Répondre en citant

Bon, pour un des personnages sui sera représenté au Versoud (par des habitantes, vous inquiétez pas Wink ), il faudrait un costume de Cistercienne XIIIème, plus précisément une abbesse, qui sera accompagnée probablement par d'autres soeurs de son abbaye ( j'en ai oublié le nom, mais elle a vraiment existé, elle était dans le coin)

Voici ce que j'ai trouvé sur le site www.cister.net

"A l'époque de Bernard de Clairvaux l'habit du moine cistercien se limitait à une tunique, une coule, un scapulaire, une ceinture, des bas et des souliers, le tout "simple et peu coûteux". La tunique était une chemise en laine, solide, couvrant le corps des épaules jusqu'aux chevilles et dotée de longues manches et d'un large col. La coule est l'habit de dessus traditionnel du moine. Les coules des cisterciens étaient plus petites que celles des bénédictins, et apparemment moins chaudes, car la Summa Cartae caritatis interdit formellement les coules fourrées à l'extérieur. La tunique et la coule étaient en laine écrue et non teinte, d'où le surnom des cisterciens : "moines blancs". Le scapulaire était un long tablier noir dont les pans, devant comme derrière, arrivaient légèrement au-dessus du genou. Il servait à protéger la tunique lorsque le moine s'affairait aux travaux manuels. La tunique, la coule et le scapulaire étaient tenus à la taille par une ceinture ou une bande d'étoffe. Pour se protéger les pieds, les moines avaient des bas en laine et deux paires de chaussures, une pour le jour et une autre pour la nuit.

Les informations dont nous disposons sur l'habit des moniales et des frères convers sont moins précises. Pour ce qui est des derniers, ils devaient former un tableau plus hétéroclite que les moines. Les Usus conversorum, qui datent du milieu du XIIe siècle, parlent de cape, tunique, bas, bottes, chaussons et d'une sorte de petite coule couvrant les épaules et la poitrine. Il semble qu'à cette époque la coule et la cape des frères convers étaient d'une couleur plus foncée que celles des moines (gris foncé ou brun), distinction renforcée au cours des siècles suivants où le brun fut réservé aux frères convers et le blanc aux moines.

Les moniales cisterciennes se caractérisaient par le port du voile : noir pour les religieuses professes et blanc pour les novices et les soeurs converses. Tout comme les moines, les religieuses portaient une tunique en laine recouverte d'un scapulaire, selon les circonstances, mais elles n'avaient pas de coule, signe extérieur distinctif des frères. Elles portaient en revanche un long manteau, ou cape, sur leur tunique, qui ressemblait à une coule sans capuchon."


Je pensais donc à:
- Une chainse
- Une tunique beige (idéalement de laine, de lin/coton si le budget ne le permet pas), longue et ample à larges manches.
- Un scapulaire, noir pour les soeurs, blanc pour les novices (comme le voile)
- Une guimpe blanche, couverte d'un voile noir pour les soeurs, blanc pour les novices.

Je m'interroge sur la ceinture. d'après ce que j'ai trouvé ici:
http://www.abbaye-aiguebelle.com/01_presentation.php
http://www.abbaye-aiguebelle.com/01_presentation_etapes.php
les moines cisterciens obeissent à la règle de Saiont Benoit et respectent les veux de Stabilité, Conversion de vie et Obeissance.
Or de ce que je sais, les moines bénédictins portent une ceinture à trois noeuds symbolisant ces voeux.

Je ne sais pas si il serait cohérent de représenter cette même ceinture pour une moniale cistercienne...

Ensuite il faut que je trouve si et comment l'abesse si distinguait des autres soeurs...

j'ai posté la même question sur la Joieuse Aguille, on va voir si il ya des réponses, mais si vous avez des illustrations je suis preneuse !
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ysobel
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MessagePosté le: Mer 29 Oct 2008, 15:41    : Répondre en citant

J'ai reçu ces deux liens en réponse sur le forum de "cister.net", il s'agit d'extraits des textes ciscetciens fondamentaux:
Exordium , chapitre XI:
http://www.scourmont.be/scriptorium/docprim/ex_cist/pagesommaire.htmRegula Sancti Benedicti:
http://www.scourmont.be/scriptorium/rb/fra/index.htm
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ysobel
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MessagePosté le: Ven 12 Déc 2008, 13:25    : Répondre en citant

Autres liens sur les Cistercien(ne)s:

http://www.velpeleven.be/art1995_4_5_6_cistercienserinnen_kerkom.htm

http://www.cister.net/FR/historique.aspx

http://www.cister.net/FR/historique/l-organisation-de-la-vie-dans-une-abbaye-cistercienne.aspx#habit

http://www.abbaye-aiguebelle.com/01_presentation.php

http://www.abbaye-aiguebelle.com/01_presentation_etapes.php

http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye-cisterciens-sources.html

http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye-cisterciens-caritatis-prior.html

http://users.skynet.be/am012324/exordium/fra/7.pdf
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ysobel
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MessagePosté le: Ven 12 Déc 2008, 13:32    : Répondre en citant

Résumé sur les Cisterciens:

HISTOIRE DE L'ORDRE:

Le premier Cistercien est Robert de Molesme, même si certains optent plutôt pour Etienne Harding, second abbé de Citeaux. On évoque très souvent Bernard de Clairvaux, bien que son rôle dans la fondation de l'Ordre soit moins important que la renommée dont il jouit.
Le but de l'Ordre de Cîteaux ne fut pas de proposer une nouvelle spiritualité, mais de revenir aux sources d'une ancienne spiritualité -celle de la Règle de Saint Benoît (v. 480-v. 546-550) (et, avant Benoît, des Pères du désert) qui, d'après les fondateurs cisterciens, avait été altérée et était devenue inopérante. Ils désiraient revenir à la Règle dans ce qu'ils pensaient être son interprétation la plus pure et la plus stricte, en la dépouillant de tous les éléments superflus qui étaient venus s'y greffer au cours des siècles. Les XIe et XIIe siècles ont été marqués par différents mouvements qui voulaient appliquer une observance plus stricte de la Règle de saint Benoît ou revenir aux idéaux oubliés du désert: c'est à cette époque que Bruno de Cologne fonde la Chartreuse.

L'histoire de la vie monastique débute au début du IV° siècle en Égypte avec S. Antoine et les Pères du Désert qui se retirent dans la solitude pour mener une vie de prière et de travail toute vouée à Dieu. En Occident, saint Benoît (480-547) écrit une Règle pour les moines qui vivent en communauté, en leur proposant de chercher Dieu à travers l'obéissance, l'humilité, la charité fraternelle et un mode de vie équilibré alliant prière, travail et lecture méditée. Cette Règle va assez rapidement être adoptée par la grande majorité des monastères d'Occident : les monastères bénédictins.

Le 21 mars 1098, des moines bénédictins de l'abbaye de Molesme fondent l'abbaye de Cîteaux sous la direction des saints Robert, Albéric et Étienne. Ils veulent revenir à la pureté de la Règle de saint Benoît et mettent en valeur la vie communautaire, la simplicité, le travail manuel, la pauvreté et la solitude. À partir de 1112, la communauté de Cîteaux fondent d'autres monastères et, sous l'impulsion, entre autres, de saint Bernard de Clairvaux, l'Ordre cistercien se développe rapidement dans toute l'Europe.

ORGANISATION DE L'ORDRE:

L'Ordre cistercien se caractérise par une organisation arborescente. Cîteaux est le tronc principal d'où partent quatre branches-mères : La Ferté, Pontigny, Clairvaux et Morimond. Chaque monastère était comme un nouveau rameau sur une branche mère et pouvait à son tour fonder des abbayes, mais ces dernières seront toujours rattachées à l'une des cinq lignées primitives. Chaque abbé devait se rendre chaque année au Chapitre Général autour de la fête de la Sainte Croix (14 septembre) et à la suite desquels des statuts étaient promulgués. Depuis la fin du XIIe siècle, le Chapitre était assisté par un comité de définiteurs nommés par l'abbé de Cîteaux, le Définitoire.

Notre connaissance des origines de Cîteaux vient de ce que nous conservons plusieurs « textes primitifs » réunis ou non en « Constitutions cisterciennes » ou « Livre des Usages ». Il s'agit d'abord de textes historiques, l'Exordium Cistercii ou l'Exordium parvum, qui justifie la sortie (exordium) par les Cisterciens du monde bénédictin et d'un texte constitutionnel, la Carta caritatis. La confirmation de cette dernière par le pape Calixte intervint en 1119, mais on la connaît sous trois recensions différentes, la Carta caritatis prior, la Summa cartae caritatis et la Carta caritatis posterior. A ces textes sont associés les capitula et les instituta, compte-rendus des sessions du Chapitre Général, que l'on révisa entre 1147 et 1151, en vue de l'approbation papale en 1152, soit trente-trois ans après l'approbation du pape Calixte. Les Instituta Capituli generalis primitifs, amendés et complétés sur certains points chaque année, feront l'objet de sommes ou « Livres de Définitions » Enfin les Ecclesiastica officia et les Usus conversorum, les coutumiers de l'Ordre, règlent des détails domestiques, les premiers à l'usage des moines, les seconds à l'usage des convers.

LA VIE CENOBITIQUE ET L'ORGANISATION DE L'ABBAYE:

La forme de vie cistercienne est cénobitique c'est-à-dire que la communauté vit sous une Règle et un Abbé. L'Abbé est le représentant du Christ et le Père de la communauté. C'est lui qui a la responsabilité tant du spirituel que du matériel. Pour cela, il est aidé dans le premier cas par le Père Prieur et le Père Maître (pour les novices), et dans le deuxième cas, par le cellérier.

Les Cisterciens retinrent les charges instituées par la Règle; ils en ajoutèrent d'autres qu'ils estimèrent nécessaires à la bonne marche de toute communauté. Ils appelèrent ces frères « officiers ». Ce sont : le prieur, le sous-prieur, le maître des novices, le sacristain (et son aide), le chantre, aussi statutairement le bibliothécaire (et son aide), l'infirmier, le cellérier (et son aide), le réfectorier, l'hôtelier, le portier (et son aide); y seront bientôt ajoutés le maître des convers et le vestiaire. Mais les frères de la communauté n'en restent pas moins tous moines; ils peuvent aussi se répartir selon d'autres critères. Ainsi on trouve en communauté :
- Des moines clercs, qui sont "lettrés" (savent lire), peuvent imposer une antienne, entonner un psaume; certains parmi eux sont prêtres, diacres, sous-diacres, acolytes.
- Des moines qui ne savent pas lire, ne peuvent ni imposer une antienne ni entonner un psaume, ni même sonner les cloches.
- Des novices, c'est-à-dire de nouveaux frères, en formation, non encore agrégés à la communauté par un engagement ou une profession.
- Des convers ou des frères laïcs (barbus) particulièrement affectés au service de l'économie; certains vivent habituellement au monastère, la plupart vivent dans les granges.
- Des infirmes.
- Des familiers, hommes et femmes, attachés au monastère, dévoués et liés à la communauté. Ils bénéficient de ses suffrages durant leur vie et à leur mort.

De cette manière, aux XIIe et XIIIe siècles, la communauté monastique n'était composée que d'une minorité de moines ou de moniales car si les cisterciens refusaient l'admission de jeunes gens, ils favorisaient largement l'entrée de frères convers.

Les convers étaient des religieux laïques qui prononçaient des vœux monastiques mais dont la vie au sein de l'abbaye était plutôt orientée vers le travail manuel que vers la célébration de la liturgie. Les frères convers s'occupaient de tout ce qui avait trait à la gestion quotidienne des biens de l'abbaye : élevage des troupeaux de bétail, défrichement des terres et assèchement des marais, culture des champs, construction et réparation des bâtiments, achat et vente des produits sur les marchés locaux, et parfois ils servaient de messagers et de domestiques. Les XIIe et XIIIe siècles ont été, sans conteste, l'âge d'or des convers.

C'est plus tard, dans la seconde moitié du XIIIe siècle et surtout au siècle suivant que, malgré les interdictions des statuts, les abbayes commencèrent à affermer les granges pour compenser la chute du nombre de convers. Ceux-ci, aux origines de l'Ordre, avaient représenté une valorisation par rapport aux paysans de l'époque précédente, puisqu'ils n'avaient pas de familles à nourrir. Mais contrairement aussi à celles-ci, ils ne se reproduisaient pas, reportant ainsi l'effort sur les vocations, qui, à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, se ralentirent considérablement.

L'ENTREE DANS LES ORDRES:

Le futur moine entre d'abord au noviciat (lieu du monastère où vivent les novices) sous la direction du Père Maître : il devient "postulant".
Au bout de 2 à 6 mois, si la communauté l'accepte, il prendra l'habit monastique et deviendra novice. Une fois le noviciat accompli,
la communauté pourra l'admettre à la profession temporaire (il est alors appelé Profès) s'il le demande librement. Elle est habituellement d'une durée de trois ans. Après un ou deux ans, ou parfois quelque temps seulement avant sa profession solennelle, le jeune profès quittera le noviciat pour prendre sa place parmi les frères de la communauté. Il ne sera plus sous la direction du Père Maître, mais directement sous celle du Père Abbé. Au terme de la période des vœux temporaires, le frère présente à l'abbé sa demande en vue de la profession solennelle. Si celui-ci le juge apte, il l'y admet. Le profès pourra alors prononcer ses vœux solennels et être définitivement membre de la communauté monastique. Les vœux du moine sont au nombre de trois : vœu de stabilité, vœu de conversion de vie (chasteté et pauvreté) et vœu d'obéissance.

LA VIE AU MONASTERE:

Le mode de vie des Cisterciens est simple et frugal. Cette simplicité apparait également dans les bâtiments et le mobilier, dans la nourriture et le vêtement, et jusque dans la célébration liturgique.

Toutes les activités doivent se dérouler entre le lever et le coucher du soleil, d'où des variantes dans l'horaire en fonction des saisons. L'activité principale des moines et des moniales est la célébration de l'opus Dei, « l'oeuvre de Dieu ». La vie de prière de la communauté est avant tout une prière commune, la Liturgie des Heures. Sept offices se répartissent tout au long de la journée: laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies, lesquelles sont complétées traditionnellement par un office de nuit appelé soit vigiles, matines ou nocturnes.

Les premiers pères du monachisme ont tous mis l'accent sur le silence. "Instrument des bonnes oeuvres" pour saint Benoît, le silence fut repris par la plupart des règles postérieures comme l'un des principes fondamentaux de la vie religieuse, permettant un eveil total à Dieu. Pourtant pour faire face aux activités de la vie quotidienne l'utilisation du langage des signes semble remonter au tout début du monachisme, mais le premier témoignage d'un système organisé de signes visuels remonte à la fondation de Cluny. Saint Odon (879-942) imposa d'utiliser des gestes pour quasiment tous les échanges. A partir du XIe siècle, l'expansion de Cluny poussa de nombreuses communautés disséminées dans toute l'Europe à adopter les signes clunisiens ou des variantes. Comme à Cluny, les premiers signes cisterciens servaient à communiquer des informations pratiques et non à la conversation. Au cours des siècles suivants, l'observance d'un silence absolu devint moins rigoureuse chez les cisterciens, tout comme chez les clunisiens. Ce relâchement ne pouvait qu'entraîner la disparition des systèmes de signes, devenus inutiles.

Les obligations liturgiques sont accompagnées du travail manuel et de la lectio divina (qui consiste à lire et à relire attentivement et lentement les Écritures), principale forme de dévotion cistercienne à côté de la prière à l'office et de la prière personnelle. En été le travail manuel occupe les moines plus longtemps (près de six heures), en raison de l'allongement des jours et de l'augmentation des travaux agricoles qu'il faut effectuer pour subvenir aux besoins de l'abbaye. En hiver, les nuits étant plus longues (près de neuf heures), les moines dorment plus longtemps et consacrent moins de temps au travail. Ainsi les moines ne prennent qu'un repas (au lieu de deux l'été) et disposent de longues périodes de lecture, en particulier environ quatre heures et demie entre matines et laudes.

Le travail manuel doit de préférence rester assez simple pour pouvoir s'allier à la prière intérieure. Dans certaines traditions monastiques, le travail intellectuel s'ajoute au travail manuel. En tout cas, le moine ne doit jamais demeurer simplement oisif, même sous prétexte de contemplation. Il doit gagner sa vie par son travail : "Les moines seront vraiment moines s'ils vivent du travail de leurs mains" (ch.4Cool.
Le travail donne aux moines l'occasion de participer à l’œuvre divine de la création et de la Rédemption et de marcher sur les traces du Christ Jésus ; il jouit toujours d'une estime particulière dans la tradition cistercienne. Ce travail dur et rédempteur procure le nécessaire aux frères et à d'autres, spécialement aux pauvres, et manifeste la solidarité des moines avec la foule des travailleurs. Il est aussi l'occasion d'une ascèse profitable, favorisant l'évolution et la maturité personnelle, entretenant la santé du corps et de l'esprit ; enfin, il contribue beaucoup à la cohésion de toute la communauté.

Les frères convers suivaient un horaire assez différent. Ils se levaient après que les moines avaient fini l'office de nuit et consacraient une grande partie de leur journée aux activités manuelles, récitant les offices sur leur lieu de travail. Le dimanche et les jours fériés, leur emploi du temps était plus proche de celui des moines.

LES MONIALES CISTERCIENNES:

Le premier monastère de moniales véritablement cisterciennes a été fondé à l'initiative d'Etienne Harding, dont le projet fut soumis à l'évêque et au chapitre cathédral de Langres ainsi qu'à la famille du duc de Bourgogne. L'abbaye fut finalement établie au Tart, à une douzaine de kilomètres au nord-est de Cîteaux, et sa charte rédigée en 1132. Une charte plus tardive, émise entre 1196 et 1200, déclare que Le Tart est la "maison-fille de Cîteaux" et que l'abbé de Cîteaux est responsable de l'observance de la Règle et de la vie monastique de l'abbaye. A l'époque l'abbesse n'était pas élue mais nommée par l'abbé de Cîteaux qui pouvait la déposer, s'il y avait lieu. Le temps passant, l'abbaye devint la maison-mère de dix-huit couvents et, comme l'exigeait l'organisation de l'Ordre, l'abbesse devait les visiter.

L'uniformité ne semble pas avoir été imposée car les coutumes et l'horaire étaient très variés. Au début du XIIIe siècle, les maisons de moniales qui avaient un quelconque lien avec l'Ordre étaient si nombreuses qu'une méthode d'incorporation des moniales et d'administration plus organisée et officielle s'imposait. Un statut de 1213 établit que "dorénavant les couvents ne pourront être incorporés à l'Ordre qu'à la condition qu'ils adoptent une clôture stricte". En outre, aucune abbaye de femmes ne pourra établir de nouvelles fondations sans l'accord du Chapitre Général. Le succès poussa même le Chapitre Général de 1228 à émettre un décret interdisant de nouvelles maisons. Il ne pouvait pas empêcher un couvent d'observer les règles de vie cisterciennes, mais il ne s'engageait ni à lui offrir un soutien spirituel, ni à assurer les visites régulières.

Afin de garantir des espaces d'intimité et favoriser le recueillement, moines et moniales ont déterminé, dans chaque abbaye, un périmètre, à l'intérieur duquel ils ou elles n'admettent personne qui ne soit de la communauté. Au contraire des moines qui circulent beaucoup, les moniales ne peuvent elles-mêmes franchir ces limites, qui, selon les temps et les lieux, sont matérialisées par des murs, des grilles, des portes verrouillées ou entrebâillées. Dès les origines, les Cisterciens ont exigé des femmes une stricte cloture pour garantir leur retraite. Pourtant, les Cisterciennes sont souvent sorties et ont reçu bon nombre d'amis, au sein même de l'espace clos, sans que cela soit, nécessairement, cause d'irrégularités graves et de scandales. La clôture a souvent été une pierre d'achoppement entre les hommes d'Eglise et les religieuses.

Les femmes pénètrent de façon massive dans l'univers religieux du XIIIe siècle. Au diocèse de Liège et dans l'empire, des religieuses occupent une place de choix dans l'histoire de la mystique; plusieurs sont inscrites dans la mouvance cistercienne : Ide de Nivelles (morte en 1231); Lutgarde de Tongres (morte en 1246); Béatrice de Nazareth (morte en 1268), Ide de Léau (morte en 1273); Ide de Louvain (morte vers 1300) sans compter la mystique Mechtilde de Hackeborn (morte vers 1299) et la grande théologienne Gertrude de Helfta (morte vers 1302).

L'HABIT CISTERCIEN:

Chez les cisterciens, l'habit de novice se compose d'une robe, d'un scapulaire et d'une chape blanche, en plus d'une ceinture. Le scapulaire du jeune profès est noir et sa ceinture en cuir.

A l'époque de Bernard de Clairvaux l'habit du moine cistercien se limitait à une tunique, une coule, un scapulaire, une ceinture, des bas et des souliers, le tout "simple et peu coûteux". La tunique était une chemise en laine, solide, couvrant le corps des épaules jusqu'aux chevilles et dotée de longues manches et d'un large col. La coule est l'habit de dessus traditionnel du moine. Les coules des cisterciens étaient plus petites que celles des bénédictins, et apparemment moins chaudes, car la Summa Cartae caritatis interdit formellement les coules fourrées à l'extérieur. La tunique et la coule étaient en laine écrue et non teinte, d'où le surnom des cisterciens : "moines blancs". Le scapulaire était un long tablier noir dont les pans, devant comme derrière, arrivaient légèrement au-dessus du genou. Il servait à protéger la tunique lorsque le moine s'affairait aux travaux manuels. La tunique, la coule et le scapulaire étaient tenus à la taille par une ceinture ou une bande d'étoffe. Pour se protéger les pieds, les moines avaient des bas en laine et deux paires de chaussures, une pour le jour et une autre pour la nuit.

Les informations dont nous disposons sur l'habit des moniales et des frères convers sont moins précises. Pour ce qui est des derniers, ils devaient former un tableau plus hétéroclite que les moines. Les Usus conversorum, qui datent du milieu du XIIe siècle, parlent de cape, tunique, bas, bottes, chaussons et d'une sorte de petite coule couvrant les épaules et la poitrine. Il semble qu'à cette époque la coule et la cape des frères convers étaient d'une couleur plus foncée que celles des moines (gris foncé ou brun), distinction renforcée au cours des siècles suivants où le brun fut réservé aux frères convers et le blanc aux moines.

Les moniales cisterciennes se caractérisaient par le port du voile : noir pour les religieuses professes et blanc pour les novices et les soeurs converses. Tout comme les moines, les religieuses portaient une tunique en laine recouverte d'un scapulaire, selon les circonstances, mais elles n'avaient pas de coule, signe extérieur distinctif des frères. Elles portaient en revanche un long manteau, ou cape, sur leur tunique, qui ressemblait à une coule sans capuchon.
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