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La Distillation à travers les âges

 
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Seb
Administrateur


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MessagePosté le: Ven 09 Aoû 2019, 13:38    : La Distillation à travers les âges Répondre en citant

Suite à une discussion avec Cécile, voila ce que j'ai compilé de deux bouquins sur le sujet.


Pour commencer un peu d’étymologie :
Stilla - goutte
Destillare - tomber goutte à goutte

Petit historique rapide de la distillation du début jusqu'au XVI ieme siècle, après ça devient tout de suite plus industriel, et moins médiéval !

Age du bronze indien, -3000 av JC , premiers alambics primitifs en terre cuite, récipient surmonté d'un dôme d'ou par un tube horizontal aboutissant dans une cloche placée sur une bassine

-1600 av JC à Keos en Crète, tablette représentant un vase posé sur le feu et surmonté d'un couvercle en cône

-700 av JC,Homère, première mention de l’élixir, vin de liqueur, quand Ulysse enivre Cyclophène

-350 av JC, Grèce, mention par Aristote de la distillation de l'eau de mer mais aussi du vin qui "redevient de l'eau après s'être évaporé et re-condensé"

-350 av JC, selon l'historien grec Timée de Tauroménion, Denys l'ancien tyran de Syracuse, fervent adepte des boissons alcoolisée consommait un breuvage obtenu par distillation qui aurait provoqué sa mort

-150av JC, légende juive attribue à Maria Hebrae / Marie l'alchimiste la découverte du bain-marie, c'est à dire le moyen de chauffer le contenu d'un récipient en l'immergeant dans un bain d'eau chaude; même si à priori la paternité remonterait à Hippocrate au Vieme siècle av JC. Le nom de bain Marie vulgarisé par Albert le Grand et mentionné pour la première fois par l'alchimiste Arnaud de Villeneuve en 1260.

50, Pline l'ancien et Dioscoride mentionnent la distillation de la térébenthine et autres sèves d'arbres résineux

Ier siècle, jarre de distillation en Bronze de la dynastie Han

Ier siècle, corporation des parfumeurs à Alexandrie en Egypte

III ieme siècle, Alchimiste Grec Zozime de Panopolis décrit dans le Parisinus Graecus un alambic à trois récipients, on retrouve une copie de cette description dans un manuscrit du XIII ieme siècle, reproduit à nouveau au XIX ieme par Marcellin Berthelot qui affirme d'ailleurs avoir vu dans un ancien temple de Memphis parmi des hiéroglyphes des appareils distillatoires

IV ieme siècle, Philosophe et mathématicienne, Hypatie d'Alexandrie aurait inventé une méthode de distillation et de l'hydromètre selon Synésios de Cyrène

670, Callinicus à Byzance, aurait fabriqué le feu grégois en employant de la distillation

IX ieme siecle, Mention de vapeurs d'alcool qui se forment au sommet des bouteilles contenant du vin en ébullition dans un Manuscrit attribué à l'alchimiste perse arabisé Jabir Ibn Hayyan, connu en occident sous le nom de Geber. Geber aurait d'ailleurs mis au point un appareil utilisant une cornue pour purifier les substances afin d’améliorer le refroidissement et d'obtenir une plus grande quantité de distillat.

IX ieme siècle, un alchimiste de Bagdad, Al-Kindi, influencé par Aristote propose de fabriquer plus de 700 essences dont il donne les formules dans le Livre sur les parfums , la chimie et la distillation, c'est la première fois que le mot Alambic apparaît dans un texte arabisé, soit 1000 ans après sa mention en grec.

IX ieme siècle, le perse Rhazès, distillation du bitume pétrole mais aussi des pétales de rose pour faire de l'eau de rose.

IX siècle, le perse Avicenne utilise la vapeur pour l'extraction de l'huile essentielle

X ieme siècle, Un médecin Abu Qasim al Zahrawi, consacre une parie de son traité médical a décrire la distillation hydraulique, en particulier celle de l'eau de rose. Albucasis améliore l'alambic en installant un tube entre la partie supérieur et la source de chaleur.

1130, première distillation attestée du vin à Salerne en Italie dans la Scuela Medica Salerna , une école de médecine fondée au IXieme siecle

1172, mention d'une eau de vie "uisce beatha" dans les monastères irlandais, année ou Henri II envahi l'Irlande. L'origine de cette eau de vie pourrait avoir un rapport avec la découverte de Salerne. En effet un alchimiste britannique a effectuée le voyage entre Ouest et le Sud de l'Europe à cette époque (Adelard de Bath)

XII ieme siècle, Alcool obtenu par distillation mentionné en Europe, dans le traité Mappa Clavicula et deux ouvrages médicaux, le Catholica Magistri Salerni et le Chirurgia Practica ; l'alcool était alors considéré comme un médicament et exclusivement utilisé par les médecins et les apothicaires.

1270, Jean de Meung dans le Roman de la Rose, écrivit : "je vois maintes fois que tu plores cum alambic sus autel"

XIII ieme siècle, Invention du serpentin, le moine chirurgien Théodore Borgognoni pourrait l'avoir expérimenté à Bologne entre 1275 et 1285. Auteur d'ouvrages aujourd'hui disparus, il se référait aux techniques de distillation des eaux-de-vie. C'est à lui que le chercheur Michael McVaught attribue la première introduction du système de refroidissement des vapeurs d'alcool, le serpentin, dans un alambic

Fin XIII ieme siècle, Raymond Lulle, poète, philosophe et théologien décrivit également la distillation du vin qu'il surnommait "mercure végétal" et qu'il rectifiait sept mois jusqu’à ce que le distillat brûlât sans laisser de traces d'eau. Auteur de nombreux ouvrages dont Ars Magna et surtout L'arbre de Sciencia, le savant fut béatifié et considéré comme saint par le peuple Catalan.

1309, Arnaud de Villeneuve, alchimiste (entre autres) de Montpellier, cite dans De Conservenda Juventute, une "aqua ardens" aussi appelée "aqua vini" et "aqua vitae". "Certains modernes disent que c’est de l'eau permanente ou éternelle, ou bien de l'eau d'or, a cause du caractère sublime de sa préparation. Ses vertus sont bien connues, elle prolonge la vie, et voilà pourquoi elle mérite d'être appelée eau de vie. On doit la conserver dans un vase d'or; tous les autres vases, ceux en verres exceptés, laissent suspecter une altération. Elle ranime le cœur, dissipe les humeurs peccantes ou superflues et entretient une perpétuelle jeunesse".

1310, Le cardinal Vital du Four, prieur franciscain dans le Gers, rédige un ouvrage de médecine, notamment une notice intitulée Natura Aquarum, dans laquelle il évoque les 40 vertus de "l'aygo ardento" qui calme les maux de dents, et d'oreille, guérit les plaies et même la lèpre, stimule l'esprit et rend joyeux ! "Elle est dite ardente parce que si on la verse sur les cheveux ou la tête ou sur un chiffon et si on approche une bougie en feu, elle prend immédiatement feu et les cheveux ou le chiffon semblent brûler alors que ni les cheveux ni le chiffon se consument mais la flamme dure jusqu'à ce que l'eau soit toute brûlée. Elle aiguise l'esprit, si on prend avec modération, rappelle la mémoire du passé, rend l'homme joyeux au-dessus de tout, conserve la jeunesse et retarde la sénilité. Elle fait disparaître les rougeurs de la gorge si on se gargarise avec fréquemment... et si on la retiens dans la bouche, elle délie la langue, donne de l'audace , si quelqu'un de timide de temps en temps en boit..."

1350, Jean de Roquetaille, religieux du Cantal, assimile l'alcool à la quintessence dans le traité De consideratione Quinta Essentia rerum omnium. Avec l'eau, la terre, le feu et l'air, l'eau qui brûle devient la Quint Essentia, le cinquième élément, l'aqua vitae, l'eau de vie capable de "préserver le corps humain de la corruption, de le guérir de la paralysie et de la peste". C'est ainsi que les hommes et femmes suivirent les prescriptions du prophète et trinquèrent en buvant de l'eau de vie en se souhaitant: "Santé" !

Fin XIV ieme siècle, Assertion irlandaise corroborant la parenté du whisky et de l'eau qui brûle dans Liber Rubrus Diocesis Ossoriensis, par l’évêque Richard Ledred (1317 - 1360) qui relata un procédé de fabrication similaire à celui de Salerne. Aqua viate produite de la manière suivante : un vin âgé d'un an plutôt rouge, trop fort ou pas assez doux, versé dans un récipient dont les ouvertures sont bouchées et dont part un tuyau conduisant à un autre pot lui même devant être rafraîchi par de l'eau froide renouvelée fréquemment ; le récipient contenant le vin doit être placé sur un feu doux pour être distillé jusqu'à ce que vous récupériez l'équivalent de la moitié du vin que vous avez versé.

1405, jour de Noël, les annales du monastère de Clonmacnoise signalent le décès de Risteard MacRaghnaill après absorption d'une eau de vie !

1411, première mention de l'Armagnac, l'aygardent.

1440, Le médecin et scientifique italien, Michel Savonarole, mentionna par exemple les différents type d'alambic et pour la première fois le serpentin dans Confidentia Aqua Vitae

1441, première mention du Cognac dans la littérature, dont le succès fut à priori assez important, en particulier chez les Britanniques et les Hollandais qui venaient charger le précieux liquide en Charente.

1461, Premier paiement de taxes sur de l'Armagnac sur le marché de Saint Sever dans les Landes

XIV ieme, Atelier de distillation au Louvre à Paris, dont les instruments de distillation ont été retrouvés au fond d'un puit lors de la restauration de 1989

1500, Premier livre en germanique consacré à la distillation, Liber de Arte Distendit, dont le second volume est publié en 1512, écrit par l'apothicaire Hieronymus Brunschwig. Il prônait la distillation à des fins de purification des substances, afin de séparer les éléments purs destinés à soigner des éléments impurs, les toxines, qu'il convenait d'éliminer.

XVI ieme siècle, première apparition du mot Alcohol dans la langue française, comme "essence obtenue par distillation, esprit de vin"; le mot Alcool est un emprunt à l'espagnol alcohol, attesté dès 1278, emprunté à l'arabe khol, lui même dérivé de l'akkadin guhlu.



Bref, que des bonnes choses ! C'est même recommandé par l'église, c'est dire Wink

Seb'
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